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pour les singes, après le labo, le repos

by admin
pour les singes, après le labo, le repos

EnquêteCes dix dernières années, la réglementation européenne et le soutien croissant à la cause animale permettent à une infime partie des primates de laboratoire de bénéficier d’une retraite.

Assise en hauteur, presque en tailleur, elle observe les visiteurs à travers le grillage qui la sépare d’eux. Ses poils bruns encadrent des yeux allumés d’un jaune d’or. Impassibles. Cannelle a passé dix-neuf ans en laboratoire, comme l’indique le panneau attenant à sa cage. Les humains qui la toisent observent ses traits étrangement semblables aux leurs. La macaque est « à la retraite » depuis trois ans, au zoo refuge La Tanière, à Nogent-le-Phaye, près de Chartres (Eure-et-Loir). Son cas emblématique cristallise la préoccupation grandissante du monde de la recherche pour la fin de vie de ses primates. Lorsqu’ils survivent.

Ruffio et Cannelle, la singe devenue emblématique du refuge et de la retraite des singes de laboratoire. Le duo est issu du même laboratoire près de Lyon, et est arrivé ensemble, en 2019. Au zoo refuge La Tanière, à Nogent-le-Phaye (Eure-et-Loir), le 30 juin 2022.

En 2020, sur près de deux millions d’animaux impliqués dans l’expérimentation animale en France, on compte 3 996 primates selon le ministère de la recherche. Les singes participent ainsi au développement des vaccins, aux tests de médicaments ou de traitements, par exemple contre le VIH ou plus récemment contre le Covid-19, ou à l’étude de maladies comme le cancer, l’endométriose, la dépression ou la mucoviscidose.

Si les tests pour les produits cosmétiques sont interdits depuis 2013 par la réglementation européenne, il est légal d’expérimenter sur des animaux dans le cadre de la recherche biomédicale, fondamentale et dans la toxicologie. Pour l’instant, l’état actuel des méthodes alternatives ne permet pas de se passer complètement d’eux. C’est là que se dessine le paradoxe de l’utilisation des primates dits « non humains » : leur proximité génétique avec les Homo sapiens les rend indispensables, mais, sur le plan éthique, la question est particulièrement délicate.

Le parcours de Cannelle relève de l’exception. Seule une minorité des singes de laboratoire sont impliqués dans des procédures non létales. Ils peuvent ensuite être réutilisés dans de nouvelles expériences. Puis, pour l’infime partie de ceux qui sont encore en vie, la réhabilitation en refuge est envisageable.

« Je ne les aurais pas les sacrifiés »

« Peut-être que le travail de Cannelle aidera ta grand-mère à bien vivre sa retraite », explique une soigneuse de La Tanière à un garçon qui s’approche des enclos, évoquant la participation de l’animal à des tests de médicaments destinés à soigner la maladie de Parkinson. Une dizaine de singes issus de laboratoires se balancent et s’épouillent en duos. Certains d’entre eux ont prêté leur cerveau dans des études sur la maladie d’Alzheimer, des cicatrices traversent les poils de leur crâne. Pour ne pas perturber leur tranquillité, mieux vaut éviter de les regarder dans les yeux, de crier, de les pointer du doigt ou de leur sourire.

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