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La sécheresse 2022 pourrait battre des records

by admin
Sol craquelé par la sécheresse dans le vignoble de Saint-Emilion, en Gironde, le 1er juin 2022

2022 est bien une année météo exceptionnelle. La première évaluation de la sécheresse qui continue d’affecter le territoire fait apparaître un montant d’indemnisation des dégâts dus au “retrait-gonflement des argiles” (RGA) qui se situe dans une fourchette allant de 1,6 à 2,4 milliards d’euros selon France Assureurs, l’organisme qui fédère le secteur des assurances. On saura dans les prochains mois si le record précédent de 2003 -2,118 milliards d’euros d’indemnisations- sera battu. La France connaît ainsi pour la sixième fois en dix ans une sécheresse de grande ampleur. Si 2003 détient toujours provisoirement le record, 2018 est troisième dans le classement annuel des indemnisations du RGA, devançant 2020 et 2017, 2019 et 2016 se classant respectivement huitième et neuvième. Cette récurrence augmente le nombre de sinistres, les terrains les plus résistants au RGA cédant petit à petit à cette absence prolongée d’eau. Par ailleurs, ces périodes sont de plus en plus longues. Plus de la moitié des sécheresses interviennent en dehors de la période estivale : 22,7% entre avril et juin et 20,6% en octobre-novembre, contre 45,2% entre juillet et septembre et 11,4% entre janvier et mars.

La sécheresse 2022 est à la fois printanière et estivale. © Météo France

Le RGA, qu’est-ce que c’est ? Quand il fait très sec, les argiles perdent leur eau et se rétractent. Ce phénomène est attribué à leur structure même : un empilement de particules de phyllosilicates de moins de deux microns organisés en feuillets qui ont de faibles liaisons. C’est dans ces interstices que se glissent les molécules d’eau. Quand il fait sec, l’eau disparaît et la structure se rétracte, provoquant des mouvements de terrain qui chahutent les fondations des maisons et fissurent les murs.

Plus de la moitié des maisons individuelles françaises concernées

La particularité du RGA, c’est sa discrétion. Des centaines de milliers de maisons sont affectées sans faire plus de retentissement au-delà du périmètre des communes concernées, au contraire des inondations et des tempêtes qui font la “une” des journaux télévisés. Ce mécanisme est dit de “tassement différentiel” car l’argile n’a pas une composition homogène, si bien que ce sont des différences de réaction à quelques mètres près des terrains qui provoquent les mouvements et les désordres. Ceux-ci ont été décrits aux Etats-Unis depuis les années 1950 et constatés en France à la fin des années 1970. Ce qui a amené les autorités à se pencher sur les cartes géologiques. “Il y a une bonne corrélation entre la répartition géographique des communes sinistrées et les zones d’affleurement de certaines formations géologiques argileuses”, constate Sébastien Jaffrot, directeur adjoint risques et prévention au Bureau de recherche géologique et minière (BRGM). Ces prédispositions géologiques concernent 48% du territoire et 54% des 20,3 millions de maisons individuelles que compte la France. “Cela fait donc 11 millions de maisons potentiellement concernées, dont 3,3 millions sont en «risque fort»”, détaille José Bardaji, directeur statistiques et recherche économique de France Assureurs. Nous comptabilisons un million de maisons supplémentaires en risque fort depuis 1990.”

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