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Dans les Alpes, Noema scrute l’Univers froid

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Dans les Alpes, Noema scrute l’Univers froid

Noema, ça se mérite. Acronyme de Northern Extended Millimeter Array, Noema est le plus puissant observatoire de l’hémisphère Nord dans le domaine de la radioastronomie millimétrique, celle où les longueurs d’onde observées sont de l’ordre du millimètre. Et pour bénéficier d’un ciel le plus pur possible, celui où se font le moins sentir les turbulences de l’atmosphère, cette installation est perchée à plus de 2 500 mètres d’altitude, dans le massif alpin du Dévoluy. Plus précisément sur cette table sommitale qu’est le plateau de Bure.

Pour y accéder, il faut d’abord se rendre à la station de ski de SuperDévoluy, puis, à bord d’un 4 × 4, remonter les pistes le long des pylônes de télésièges, bâchés et immobiles en cette saison. Enfin, quand le sentier s’arrête, les choses sérieuses débutent. Là où les véhicules ne passent plus, ne reste plus que la force des jambes, dans un environnement minéral, où les derniers arbres rachitiques renoncent à s’accrocher au flanc de la montagne. Au milieu de nappes d’éboulis clairs s’élève un sentier rocailleux dont la pente, par moments, flirte avec de pénibles 40 % alors même que la raréfaction de l’oxygène commence à se faire sentir. Oui, Noema, ça se mérite.

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Mais, lorsque le dernier pierrier est passé, quand à bout de souffle on pose enfin le pied sur le plateau, sur cette mer de caillasse, où seules surnagent quelques touffes jaunies de graminées courbées par les vents et quelques plaques de mousse, on est récompensé. Plus haut que les nuages, face à la barre dentelée des Ecrins dont les crocs grignotent le bas de l’azur, on touche le ciel en levant la main. Et, au creux d’une ondulation du plateau, un troupeau d’immenses paraboles pointent vers le firmament. Voici Noema, construit par l’Institut de radioastronomie millimétrique (IRAM) et dont la douzième et dernière antenne est entrée en service au début de l’année, mais qui ne sera inauguré officiellement que le 30 septembre.

Pour l’heure, seulement dix des douze paraboles sont en action sur le plateau, les deux dernières se trouvant dans un hangar géant pour la maintenance estivale, afin d’être prêtes pour l’hiver qui, avec ses grands froids secs figeant l’atmosphère, est la saison préférée des radioastronomes. D’un diamètre de 15 mètres, chaque antenne pèse plus de 120 tonnes et les 176 panneaux d’aluminium qui tapissent sa surface réflectrice sont ajustés par des actuateurs pour obtenir une forme parfaite, avec une précision de 35 micromètres, soit l’épaisseur d’un cheveu humain.

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