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Minoxidil, finastéride : qu’en est-il de ces traitements ?

by admin
Minoxidil, finastéride : qu'en est-il de ces traitements ?

Finastéride et minoxidil ont suscité de grands espoirs chez les hommes atteints d’alopécie androgénétique (AAG). Mais il faut savoir que ces médicaments ne font que ralentir cette alopécie. Que sont ces molécules ? Quelle est leur efficacité ? Gardons en tête plusieurs contraintes : il faut les prendre à vie, compter avec les effets secondaires possibles du finastéride, effets qui peuvent s’avérer dramatiques chez certains patients. Enfin, ces molécules se prennent au commencement de la calvitie. A l’autre bout du processus, quand celle-ci n’évolue plus, ce sont les microgreffes qui s’imposent.

Contre l’alopécie androgénétique, deux médicaments

Il existe deux molécules approuvées et commercialisées, le minoxidil et le finastéride. Toutefois, aucune n’est capable de “guérir” l’alopécie androgénétique (AAG), la calvitie qui affecte une bonne proportion d’hommes (jusqu’à 30% des trentenaires français) et, plus rarement, certaines femmes. A l’arrêt de l’application des deux médicaments, l’AGG reprend son cours au bout de quelques mois.

Minoxidil

  • Le médicament existe en deux dosages, 2% et 5%. Le premier dosage est prescrit pour les hommes et les femmes, le second pour les hommes uniquement. En application externe sous forme de lotion ou de mousse, il doit être mis uniquement sur la zone du cuir chevelu à traiter.
  • Il ralentit la chute. Son application doit être quotidienne, deux fois par jour une dose de 1 ml et ne jamais excéder les 2 ml par jour. La Revue du praticien prévient qu’un effluvium, soit une chute de cheveux brusque et diffuse, peut advenir au cours des trois premiers mois du traitement, “ce qui est un marqueur de bonne réponse”.
  • On ne sait pas exactement comment il agit au niveau du bulbe pileux. Il semble doper la vascularisation de celui-ci et influer sur les cellules souches qu’il renferme.
  • Le minoxidil est un médicament repositionné. Conçue dans les années 1960, la molécule est imaginée pour soulager les ulcères gastriques. Mais elle se révèle plus efficace sur la pression artérielle, sans être pour autant le meilleur des hypotenseurs ! Lors des tests cliniques, les participants présentant une AAG en voient les effets secondaires : une masse ténue, duveteuse fait place à des cheveux plus robustes.

Finastéride

  • Le finastéride 1 mg est prescrit pour une alopécie androgénétique encore peu développée chez l’homme âgé de 18 à 41 ans. Il est contre-indiqué chez la femme ainsi que chez le sportif professionnel, pour des raisons liées au dopage.
  • Il bloque la transformation locale de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT) en inhibant une enzyme, la 5-alpha réductase de type 2. La DHT est une hormone androgène impliquée dans l’alopécie androgénétique. Elle intervient dans l’expression de caractères sexuels secondaires comme la pilosité corporelle et la masse musculaire.
  • C’est aussi un médicament “repositionné”, comme le minoxidil, utilisé en première intention et en dosage de 5 mg dans les cas d’hypertrophie bénigne de la prostate qui entraîne des troubles urinaires.
  • Sur son site, la revue Prescrire donne un avis défavorable pour cette molécule. Le Propecia (nom commercial du finastéride) et ses génériques font partie de sa liste 2023 des médicaments à écarter.

A propos des effets secondaires du finastéride

Certains effets secondaires peuvent advenir pendant le traitement qui se prend sur le long cours, mais aussi après l’arrêt du traitement.

  • Sur le plan physique, on note des réactions allergiques (démangeaisons, urticaire).
  • Sur le plan sexuel, une baisse de la libido, des troubles de l’érection et une diminution du volume de l’éjaculat, des cas de gynécomastie (développement excessif de glandes mammaires).
  • Sur le plan psychique, sont décrits également et plus récemment des troubles psychiatriques tels que de l’anxiété, des changements d’humeurs, de la dépression et plus rarement des pensées suicidaires, constatées pendant, mais aussi après l’utilisation du finastéride.

L’autorité française en charge de la surveillance des médicaments, l’ANSM, liste les effets indésirables dans une fiche d’informations à destination des patients. Depuis 2022, elle alerte sur la persistance possible de ces effets et enjoint les patients à un “délai de réflexion” avant d’entamer un traitement.

Un syndrome post-finastéride ?

Ces effets secondaires chez certains patients ne disparaissent pas à l’arrêt du traitement. Le professeur François Desgrandchamps, chef du service d’urologie à l’hôpital Saint-Louis (Paris,) interrogé par Sciences et Avenir en 2019, faisait état d’effets persistants chez des hommes jeunes soignés pour de l’alopécie, une semaine après l’arrêt de leur traitement de finastéride 1 mg. Un constat qui ne cadre pas, selon lui, “avec une culture médicale où les effets secondaires sont censés disparaître à l’arrêt du traitement“.

L’association française d’aide aux victimes du finastéride, l’AFVIN, reprend le terme de syndrome post-finastéride utilisé aux Etats-Unis pour désigner cette persistance d’effets secondaires débilitants et persistants.

L’ANSM a produit en 2022 un dossier à l’attention des patients qui auront ou ont recours au finastéride. Elle exige également à partir d’avril 2023 un cadre rouge et un QR code alertant sur les risques de troubles sexuels et psychiatriques et devant être imprimés sur les emballages de Propecia et de ses génériques.

L’option chirurgicale, pour une calvitie stabilisée

Les microgreffes ne s’adressent qu’à des patients dont l’AAG n’évolue plus, donc rarement à de jeunes patients.

La transplantation se fait à partir de follicules prélevés au niveau de la nuque du patient. Le geste technique du chirurgien consiste à découper à l’arrière de la tête une bandelette de cuir chevelu de quelques millimètres d’épaisseur. Pourquoi le cuir chevelu au-dessus de la nuque ? Ainsi que l’explique Dermato-Info, le site d’informations grand public de la Société française de dermatologie, c’est à cet endroit que se situent les cheveux moins sensibles aux androgènes qui, alliés à un terrain génétique, précipitent le cycle de croissance des cheveux. Les greffons sont ensuite implantés sur les zones de calvitie et accompliront leur cycle de croissance normale.

Les praticiens proposent d’autres solutions telles que du plasma autologue, riche en plaquettes, injecté dans le cuir chevelu, ou une thérapie par lumière laser de basse intensité. Selon Dermato-Info, ces traitements qui se disent novateurs n’ont pas montré “suffisamment d’efficacité pour qu’on puisse les recommander actuellement“. Les études cliniques manquent encore.

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