Home Biology Existe-t-il un « effet toxique » du chromosome Y sur la santé et la longévité ?

Existe-t-il un « effet toxique » du chromosome Y sur la santé et la longévité ?

by admin
Existe-t-il un « effet toxique » du chromosome Y sur la santé et la longévité ?

Chez la grande majorité des mammifères (lions, éléphants d’Asie, orques…), les individus XX (femelles) vivent en moyenne plus longtemps que les individus XY (mâles). Dans notre espèce, les femmes vivent aussi 7 % plus longtemps que les hommes, en moyenne. Autre constat, la différence de durée de vie entre mâles et femelles est plus marquée chez les espèces dotées d’un chromosome Y plus long.

D’où l’hypothèse d’un « effet toxique » du Y. On sait que ce chromosome mâle, au fil de l’évolution, a accumulé des séquences d’ADN répétées tout en s’amenuisant. Or ces séquences répétées sont également très mobiles : elles peuvent migrer et s’insérer ailleurs dans le génome des cellules. Si leur point de chute se trouve dans un gène important, elles peuvent alors affecter son fonctionnement.

On sait aussi qu’au début de la vie d’un individu mâle, ces séquences répétées sont inhibées par de petits composés chimiques qui se fixent à des protéines, elles-mêmes liées à l’ADN. Mais à mesure que cet individu vieillit, ces « marques » tendent à disparaître, levant cette inhibition, comme l’a récemment montré une équipe américaine chez la mouche drosophile. Ce qui pourrait expliquer la survenue de dégâts cellulaires au cours du vieillissement, donc « l’effet toxique » du Y lié à l’âge.

Pas d’impact chez la drosophile

Cependant, cette supposition n’avait jamais été soumise à l’épreuve de l’expérimentation. Pour ce faire, l’équipe de Bruno Hudry, de l’Institut de biologie Valrose (CNRS, Inserm, université Côte d’Azur), à Nice, s’est tournée vers la mouche du vinaigre. Chez Drosophila melanogaster aussi, les femelles (XX) vivent 10 % plus longtemps que les mâles (XY).

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A l’aide des ciseaux génétiques Crispr-Cas9, ces chercheurs ont produit des tissus et des lignées de drosophiles mâles dotés ou non de chromosomes Y de taille variable. Finalement, la modification du nombre ou de la taille du Y n’a eu aucun impact sur la longévité de ces mouches. Publié en juin dans Nature, ce résultat tend à infirmer l’hypothèse du Y toxique, du moins chez ce diptère. Un résultat qui devra être confirmé chez d’autres espèces, estiment certains experts. « Les mammifères placentaires sont dotés d’un système de détermination du sexe à base de chromosomes X et Y, mais notablement différent de celui de la mouche », explique Francis Poulat, chercheur à l’Institut de génétique humaine (CNRS, université de Montpellier).

Mais si la thèse du Y toxique est fausse, pourquoi les femelles vivent-elles plus longtemps ? La question reste ouverte. « Le chromosome Y continue de nous intriguer », reconnaît Jennifer Graves, professeure émérite de génétique à l’université de Melbourne (Australie).

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