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Vente illégale de glyphosate sur internet : trois Vauclusiens au tribunal

by admin
Vente illégale de glyphosate sur internet : trois Vauclusiens au tribunal

Ce mardi 21 novembre, trois hommes doivent comparaître devant le tribunal correctionnel d’Avignon (Vaucluse) pour avoir écoulé sur internet plus de 2 300 litres de pesticides interdits à la vente pour les particuliers. Les jeunes Vauclusiens commercialisaient des bidons de produits phytosanitaires contenant du glyphosate sur des sites de petites annonces comme Le Bon Coin ou eBay et sur des plateformes de commerce, en faisant du « dropshipping » (ou « livraison directe »), une pratique de vente à distance de produits.

Les prévenus n’avaient pas de stock : leurs fournisseurs espagnols se chargeaient directement de l’envoi. Une manière, pour les trois intermédiaires, de diluer les risques, non sans empocher une marge sur les transactions. Entre 2020 et 2021, les trois prévenus auraient réalisé 12 000 à 25 000 euros de bénéfices.

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Manque d’harmonisation des lois européennes

L’enquête, ouverte par l’Office français de la Biodiversité à la suite du signalement d’un internaute, a établi que les trois prévenus ne disposaient d’aucune autorisation ou permis de commerce pour ces produits qu’ils ont vendus à des jardiniers amateurs. Or, en France, depuis janvier 2019, les particuliers ne peuvent plus acheter, stocker ou pulvériser leurs allées avec les pesticides de synthèse comme le glyphosate, classé depuis 2015 comme « cancérogène probable » par le Centre international de Recherche sur le Cancer (Circ) de l’Organisation mondiale de la Santé. Les agriculteurs doivent, eux, demander une autorisation spécifique pour se procurer les produits auprès d’entreprises agréées.

Les trois Vauclusiens, qui ne sont pas issus du monde agricole, ont profité du manque d’harmonisation des lois européennes : si les produits à base de glyphosate ont disparu des rayons des jardineries françaises, ils sont encore en vente libre dans la plupart des régions espagnoles. Et à portée de clics : en effectuant, pour cet article, des recherches sur le désherbant, des publicités ciblées pour des bidons de pesticides à base de glyphosate, renvoyant vers un site espagnol, se sont affichées sur notre écran…

Glyphosate : pourquoi l’Europe (et la France) rechigne tant à s’en passer

Les trois prévenus, qui ont reconnu les faits et encourent aujourd’hui jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende, n’informaient pas non plus leurs « clients » de la dangerosité des produits et des précautions d’utilisation de l’herbicide. Les enquêteurs ont dénombré 667 acheteurs. Parmi eux, des jardiniers amateurs qui ont commandé le produit après avoir cherché sur internet comment traiter la maladie d’un arbre fruitier ou pour ne pas se fatiguer à désherber à la main…

En alternative aux poursuites, huit ont dû participer, début juillet, à un stage de citoyenneté à L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse). « Ils ne comprenaient pas pourquoi ils avaient pu acheter du glyphosate alors que c’est interdit. Pour eux, ils étaient de bonne foi », rapporte l’animatrice.

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Une activité « macabre et lucrative »

Ce n’est pas la première fois qu’un tel trafic est porté devant les tribunaux. En juin, à Tours (Indre-et-Loire), un Français résidant en Thaïlande et se présentant comme un ancien coach sportif a été condamné à un an d’emprisonnement pour avoir vendu illégalement 9 000 litres de glyphosate à des particuliers entre 2020 et 2022, par le biais là encore de fournisseurs espagnols – son avocat a déclaré faire appel de cette décision.

France Nature Environnement, qui s’est portée civile dans ce dossier comme dans celui du Vaucluse, s’inquiète du développement de ces nouvelles formes de trafics de pesticides sur internet, « une activité tout aussi macabre que lucrative », aux lourdes conséquences pour l’environnement et la santé. La fédération d’associations espère une condamnation ferme des trois Vauclusiens, « afin de montrer l’exemple ». Elle plaide aussi pour l’interdiction du glyphosate au niveau européen, dont l’homologation va être prolongée pour dix ans par la Commission européenne, faute d’un accord entre les vingt-sept Etats membres de l’Union.

La Commission européenne va renouveler l’autorisation du glyphosate dans l’UE pour 10 ans

Sur le Vieux Continent, le trafic de pesticides se porte bien. Entre le 23 janvier et le 28 avril 2023, 2 040 tonnes de pesticides illégaux ou contrefaits destinés au marché européen ont été saisies, annonçait récemment dans un communiqué Europol qui coordonne une opération annuelle. Un record. Dans un rapport publié en 2022, l’Office central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé publique estimait que l’importation illicite de produits phytosanitaires risquait d’augmenter ces prochaines années.



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