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les promesses d’un traitement par ultrasons

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les promesses d’un traitement par ultrasons

Un traitement par ultrasons des sténoses aortiques, ces rétrécissements d’une des deux valves situées à la sortie du cœur, a prouvé son innocuité et son efficacité chez quarante premiers patients. C’est ce que montre une étude française, publiée le 14 novembre dans la revue The Lancet.

Avec l’âge, cette valve, située entre le ventricule gauche du cœur et l’aorte, peut en effet être affectée par des dépôts de calcium. Résultat, ce petit clapet se durcit, s’épaissit et a du mal à s’ouvrir. « Le cœur s’épuise alors à pomper, d’où un risque élevé d’insuffisance cardiaque, de syncopes, d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC) », explique le professeur Emmanuel Messas, cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris (AP-HP), premier auteur de l’article.

Environ un million et demi de personnes en Europe, et autant aux Etats-Unis, sont touchées par un « rétrécissement aortique calcifié ». En temps normal, cette valve aortique évite le reflux du sang vers le ventricule gauche. Pour cela, elle se ferme au début de la relaxation du cœur (diastole) puis se rouvre quand le sang est éjecté du cœur vers la circulation générale (systole). Quand sa surface d’ouverture, d’environ deux centimètres carrés habituellement, diminue à moins d’un centimètre carré, on propose aux patients une intervention chirurgicale : la pose d’une bioprothèse, à l’aide d’un cathéter passant par l’artère fémorale – sans ouvrir le thorax, donc. Cette intervention, nommée « TAVI » (Transcatheter Aortic Valve Implantation), a été conçue en 2002 au CHU de Rouen par le Français Alain Cribier.

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Mais un quart des patients ne bénéficient pas de cette technique, soit parce qu’ils sont inopérables (trop âgés ou atteints d’autres pathologies sévères), soit parce qu’ils refusent l’intervention. C’est pour eux qu’une équipe française a conçu un dispositif médical de thérapie ultrasonore, Valvosoft, dans le cadre d’une start-up, Cardiawave. Celle-ci a été fondée fin 2014 à Paris par deux physiciens de l’Inserm, Mickael Tanter et Mathieu Pernot, et par le cardiologue Emmanuel Messas.

Fissurer les calcifications

« Les ultrasons traversent très bien le corps en profondeur, à l’exception des os. Ils sont d’ailleurs utilisés en imagerie par échographie », explique Mickael Tanter. L’astuce a consisté à coupler une sonde d’échographe standard à une sonde délivrant des ultrasons thérapeutiques de très haute intensité, focalisés sur la valve repérée en temps réel par la première sonde. « L’appareil doit être bien positionné sur le thorax du patient. Ensuite, des tirs très brefs (une microseconde) sont répétés toutes les millisecondes, à raison de sept séances de dix minutes chacune. Ces tirs vont fissurer les calcifications qui rigidifiaient la valve, l’assouplir et améliorer son ouverture », détaille le physicien.

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