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L’œuvre salutaire du télescope spatial James-Webb

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L’œuvre salutaire du télescope spatial James-Webb

Près de deux ans après son lancement, le télescope spatial James-Webb (JWST) poursuit sa moisson et elle est vertigineuse, comme l’a raconté Le Monde le 20 novembre. Ses observations remettent déjà en cause quelques modèles de l’astrophysique, notamment sur la jeunesse du cosmos, car, en étant capable de regarder plus loin que ses prédécesseurs, le JWST remonte aussi plus loin qu’eux dans le temps et se rapproche toujours plus du Big Bang.

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Le cosmos semble avoir été un enfant précoce : chez lui, tout – les premières galaxies, les premiers trous noirs géants aussi – est arrivé plus tôt et plus vite que ce qu’avaient prévu les astrophysiciens, lesquels remettent déjà l’ouvrage sur le métier pour affiner leurs théories, les adapter à ces découvertes. La saine gymnastique intellectuelle à laquelle le James-Webb nous soumet est la bienvenue pour qui veut bien s’extirper des fracas de notre monde pour s’interroger sur ses origines et, partant, les nôtres.

Il convient donc de saluer ce type d’exploration spatiale dont les résultats participent au bien commun de l’humanité à travers les connaissances nouvelles qui nous sont révélées sur le monde qui nous entoure. Ses effets vertueux sont nombreux, à commencer par la coopération entre scientifiques de tous pays qui surmontent ainsi la fragmentation géopolitique en cours. Tout comme c’était déjà le cas avec le télescope spatial Hubble et avec d’autres grands instruments terrestres comme le Very Large Telescope, que l’Observatoire européen austral a installé au Chili, n’importe quelle équipe d’astrophysiciens de n’importe quel pays peut déposer une demande d’observation avec le James-Webb, requête qui est ensuite examinée à la seule loupe de l’intérêt scientifique.

Coalitions spatiales

Il ne s’agit pas ici d’opposer la moisson de James-Webb à d’autres programmes spatiaux d’envergure tels que le retour sur notre satellite, la Lune, plus d’un demi-siècle après la dernière mission habitée de la NASA. Ou encore au projet de très long terme d’envoyer des êtres humains sur la planète Mars, même si ce dernier alimente de légitimes réserves. Chacun promet des avancées dans la connaissance.

On ne peut s’empêcher cependant de regretter qu’en impliquant la présence d’humains – et donc de ressortissants de tel ou tel pays – ces projets relèvent d’autres ambitions que celle d’un pur savoir et transposent dans l’espace les rivalités entre puissances, qu’il s’agisse de celle entre l’URSS et les Etats-Unis hier, ou aujourd’hui de celle entre la Chine et les Etats-Unis. Ainsi, le projet de station orbitale autour de la Lune, que les Américains mènent avec leurs alliés habituels (les Européens, les Canadiens et les Japonais), « s’oppose » à celui d’une base lunaire que les Chinois veulent établir en collaboration avec les Russes. Les coalitions à l’œuvre sur le plancher des vaches se décalquent dans les cieux…

D’autres acteurs étatiques s’aventurent dans ce même domaine pour s’affirmer, comme c’est désormais le cas avec l’Inde de Narendra Modi. Après être entrée, cette année, dans le club très fermé des pays qui ont posé sans encombre un objet sur la Lune avec la mission Chandrayaan-3, l’Inde se lance dans la voie des vols habités, qui constituent un moderne symbole de puissance. Rien qui puisse, heureusement, troubler sur son orbite le télescope spatial James-Webb. Ce dernier n’a pas fini de nous étonner.

Le Monde

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