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« J’échappe de justesse à la foudre sur mon balcon »

by admin
« J’échappe de justesse à la foudre sur mon balcon »

« En 1980, ma femme et moi sommes mariés depuis peu. Nous emménageons dans un appartement de trois pièces, que nous venons d’acheter à Bourg-la-Reine [Hauts-de-Seine]. Il est situé dans un grand immeuble qui n’est pas très beau, face au RER, mais nous sommes au dernier étage, et l’appartement est traversant est-ouest. Du balcon de la chambre, on a une vue splendide sur Paris.

Nous n’avons pas encore défait tous nos cartons. Certains livres traînent encore dans l’entrée, sur la bibliothèque, en attendant d’être rangés. Un soir, je tombe sur Premier de cordée, de Roger Frison-Roche [Arthaud, 1941], et j’ai brusquement envie de le lire. Je ne l’ai jamais regardé avant, bien que je le possède depuis plusieurs années. C’est ma grand-tante qui me l’avait donné pour se débarrasser. C’est un récit d’alpinisme. Je le commence : il y est question d’un jeune homme dont le père, Jean, est guide de haute montagne. Un jour, pendant une sortie, l’orage menace. Tandis que Jean entame la descente avec son client et un porteur, il aperçoit sur une statue de la Vierge, en métal, de “petites lucioles bleues” qui courent sur sa robe et crépitent sans arrêt. Il semble aux grimpeurs qu’une “main invisible tirait, tirait sur leur chevelure”. Un instant plus tard, Jean est foudroyé. Le porteur, Georges, et le client avaient juste eu le temps de sauter de la corniche vers une petite plate-forme en dessous et échappent de peu à la mort.

C’est ainsi que je découvre l’existence de ces deux phénomènes annonciateurs de la foudre : les aigrettes, ces sortes d’épis lumineux qui parcourent les surfaces en métal, et parfois les corps humains, lorsque l’air est chargé en électricité statique ; et les cheveux qui se dressent sur la tête.

« Sans même réfléchir, je me vois sur cette corniche de montagne »

Le lendemain, en début de soirée, je vois au-dessus de Paris un cumulonimbus très noir. Des éclairs frappent la tour Eiffel, mais, en levant la tête, je vois que le ciel au-dessus de moi reste bleu. Je sors sur le balcon et j’appelle mon épouse pour qu’elle vienne assister à ce spectacle. Je prends appui sur le garde-corps métallique. Soudain, je vois des aigrettes lumineuses parcourir la rambarde et j’ai mes cheveux se dressent sur ma tête. Sans même réfléchir, je me vois sur cette corniche de montagne, et je fais un bond en arrière pour sauter sur le lit, qui se trouve derrière moi. Moins d’un dixième de seconde plus tard, tandis que je suis encore en l’air, je suis parcouru de picotements sur tout le visage et assourdi par un grand bruit. Ce n’est pas le grondement habituel de la foudre, mais un claquement bref et intense, comme celui d’un coup de fusil.

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