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“Enquête inédite à Maurice dans les élevages de macaques” : fact-checking

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“Enquête inédite à Maurice dans les élevages de macaques” : fact-checking
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Fin octobre, One Voice a publié une enquête sur les élevages de macaques à longue queue à l’Île Maurice.

Une nouvelle fois, One Voice fait dans le sensationnalisme pour produire du contenu destiné à manipuler l’opinion publique. Une démarche ni scientifique ni journalistique qui mise à nouveau sur l’émotionnel pour faire le buzz.

Comme ce fût déjà le cas dans le cadre de nos précédents fact-checkings (“L’expérimentation animale et les chiens”, “L’expérimentation animale et les primates”), ce qui suit se concentre uniquement sur quelques exemples flagrants de désinformation et n’est pas exhaustif.

Nous remercions les éleveurs, chercheurs, vétérinaires et scientifiques, qui nous ont aidé à rétablir ces vérités.

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Une espèce invasive

“[…] ces primates pourtant classés en danger de disparition sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN”

Les macaques à longue queue sont effectivement sur la liste rouge de l’IUCN mais seulement pour l’Asie. Cette évaluation ne concerne donc pas l’Île Maurice, pourtant objet du reportage.

Pour l’Île Maurice, la même IUCN  répertorie ces primates dans la liste ISSG consacrée aux espèces invasives. En effet, sur cette île, cette espèce a été introduite par des colons hollandais au XVIIème siècle. L’IUCN les a classés à la 51ème place de la liste des pires espèces invasives au monde !

L’IUCN précise qu’ils “peuvent avoir un impact négatif sur la biodiversité en mangeant les œufs et les poussins d’oiseaux forestiers en voie de disparition. Ils rivalisent avec les oiseaux indigènes pour des ressources telles que les fruits indigènes. Ils peuvent aggraver les effets négatifs des espèces végétales exotiques en consommant leurs fruits et en favorisant la dispersion de leurs graines. Les macaques se nourrissent de canne à sucre et d’autres cultures, ce qui affecte l’agriculture et les moyens de subsistance, et peuvent être agressifs envers les humains. Les macaques peuvent être porteurs de maladies humaines potentiellement mortelles.”

Face à ces nuisances, ce sont les autorités mauriciennes qui autorisent les éleveurs a capturer les animaux, une activité strictement encadrée selon le “Native Terrestrial Biodiversity and National Parks Act 2015”.

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La clinique vétérinaire

“À Maurice, […] une loi adoptée en 2013 et renforcée en 2022 est censée protéger les animaux contre les actes de cruauté. Celle-ci interdit notamment de « traiter un animal d’une manière qui lui procure détresse, douleur ou souffrance » et de « le détenir ou le confiner dans une cage ou une structure similaire trop petite pour lui rendre possible ses mouvements naturels ».”

De nombreuses images de One Voice présentent des singes dans des hébergements présentés comme permanents alors que ce sont en fait des hébergements temporaires. En effet, les vétérinaires ont la possibilité d’immobiliser ou de confiner temporairement un animal si cela s’avère nécessaire pour favoriser son rétablissement et son bien-être.

Les méthodes d’hébergement et d’élevage à Noveprim :

  • respectent la législation mauricienne sur le bien-être animal, The Animal Welfare Act 2013, comme en témoignent les inspections régulières et l’enregistrement de l’installation auprès des autorités compétentes.
  • sont accréditées par l’AAALAC, une organisation internationale à but non lucratif qui promeut l’excellence pour le bien-être animal dans la science.
Les vastes enclos, d’une capacité d’environ une centaine de mètres cubes, offrent suffisamment d’espace pour permettre aux singes de vivre en groupes sociaux, de se déplacer, de sauter, de grimper, et d’exprimer les comportements naturels propres à leur espèce.

Surpopulation

Des examens de santé semestriels sont conduits pour surveiller l’état de santé des singes. Afin d’isoler individuellement les animaux et de garantir leur sécurité ainsi que celle des employés, un dispositif a été mis en place où les singes sont guidés à travers un tunnel et immobilisés pendant quelques minutes.

Les macaques, en raison de leur agilité, de leur rapidité, de leur force considérable et de leurs crocs acérés, requièrent une manipulation hautement technique. Le personnel est formé pour cette tâche, nécessitant calme et dextérité afin d’assurer des conditions optimales pour tous les individus impliqués.

Sur cette image, en choisissant un moment particulier et un angle de prise de vue, One Voice veut faire croire qu’il s’agit du quotidien des macaques.

Les couveuses

Comme chez les humains, certains macaques nouveaux-nés ont besoin de soins spécifiques à leur naissance. Ils sont alors placés dans des couveuses pour reprendre des forces, se réchauffer et s’hydrater sous surveillance vétérinaire avant de retrouver leur mère. Sur cette image, il s’agit d’une jeune femelle née le 24 août 2023 qui a retrouvé sa famille dès le 25 septembre.

Contrairement à ce que peuvent laisser penser ces images, l’isolement temporaire des nouveaux-nés est une pratique exceptionnelle visant simplement à prodiguer les soins nécessaires à assurer leur survie.

La distribution de nourriture

“La nourriture est jetée à même le sol, au risque de se mélanger à leurs déjections.”

À Noveprim, les singes bénéficient d’une alimentation équilibrée constituée de légumes, de fruits et de granulés, distribuée dans des mangeoires spécifiques après le nettoyage des cages, plusieurs fois par jour. Étant des animaux adeptes du fourrageage, les singes ont l’habitude de disperser leur nourriture et de jouer avec, un comportement parfaitement normal. Pour les habituer à la présence humaine, les singes sont également nourris à la main avec des graines et des raisins secs.

La séquence où la nourriture est jetée au sol, tout en intimidant les singes, a été délibérément mise en scène par les personnes chargées par One Voice de collecter des images faisant sensation.

Le sevrage

“Pour déterminer si les petits peuvent être vendus, on les sépare de leur mère, on les place de part et d’autre de ces barreaux et si le petit passe, il a droit à un sursis.”

Ce passage a été conçu pour permettre aux jeunes de se séparer volontairement des adultes dès qu’ils le souhaitent. Cette séparation facilite leur sevrage naturel et leur indépendance vis-à-vis de leur mère.

A Noveprim, tous les nouveaux-nés sont élevés par leur mère au sein de leur groupe familial pendant au moins 12 mois, comme cela se fait dans la nature.

La loi du plus fort

“Comme ceux nés sur place, ils sont enfermés dans des cages collectives où règnent l’ennui et la loi du plus fort”

Comme il est précisé sur la page Wikipédia des macaques crabiers (autre nom des macaques à longue queue), ceux-ci vivent naturellement selon des relations de dominance et de soumission qui leur permettent d’établir des hiérarchiques strictes. La page précise même : “Ces singes sont despotiques et exercent une stricte hiérarchie de dominance.”

En captivité à Noveprim, ces relations sont surveillées par des employés dédiés aux observations du comportement. Contrairement à l’état sauvage où prévaut la loi du plus fort, les conditions de captivité permettent d’intervenir sur la composition des groupes afin de garantir que même les individus les plus soumis puissent s’épanouir.

Les décès

“Les malades et infertiles finiront à la poubelle…”

Bien que les tensions et les réconciliations soient des comportements courants chez les primates, qu’ils évoluent en liberté ou en captivité, la majorité des cas sont sans gravité.

Lorsque ces blessures sont graves ou mortelles les rapports d’autopsie contribuent à déterminer les raisons de ces blessures et ce qui pourrait aider à les prévenir dans le futur.

Dans le cas précis montré sur la vidéo, le rapport d’autopsie du vétérinaire a attribué que le décès du singe (tatouage n°27319/1B30) était le résultat d’une agression par un congénère. Conformément aux normes d’hygiène sanitaire, les dépouilles sont soigneusement enveloppées dans des sacs plastiques, puis placées dans des conteneurs étanches avant d’être transportées vers la salle d’autopsie en vue de leur incinération ultérieure.

Les blessures

“La capture est si violente que les singes sont fréquemment mutilés dans l’opération.”

Dans la nature comme en captivité il peut arriver que les singes se blessent. Toutes les blessures sont identifiées et enregistrées dans les dossiers cliniques des animaux. Les équipes vétérinaires mettent rapidement en place des plans de traitement et de suivi pour éviter les infections, permettre la cicatrisation et calmer la douleur. La gestion des cas cliniques est un critère évalué en détail par AAALAC lors des étapes de certification des institutions.

Le singe montré sur ces images est arrivé de la nature blessé au doigt le 11 septembre 2023 et a reçu les soins adéquats. Il s’est complètement rétabli depuis.

Maurice, la France et le reste du Monde

“Les images de notre enquête au sein de l’un des plus importants d’entre eux paraissent surréalistes. Elles font pourtant écho à l’arrestation récente d’un membre du gouvernement cambodgien impliqué dans un trafic illégal.”

“Les cas les plus flagrants de cruauté (tels que l’élevage illégal de 250 macaques dans des conditions sordides, découvert au printemps dernier) ne semblent aboutir à aucune condamnation.”

“Ainsi, l’an dernier, le directeur du département de la vie sauvage et de la biodiversité du gouvernement cambodgien a été arrêté à New York.”

“C’est ainsi que récemment, des bactéries dangereuses ont été détectées aux États-Unis lors des contrôles sanitaires de singes et guenons en provenance (encore) du Cambodge.”

Dans un sujet consacré aux élevages de singes sur l’Île Maurice, One Voice brouille les pistes en évoquant les cas de trafic entre le Cambodge et les États-Unis qui ne concernent ni l’Europe ni la France.

De même, un cas d’élevage illégal à Maurice a effectivement été démantelé à Maurice. La justice s’est saisie du dossier et l’instruction est en cours. Tous les éleveurs locaux agréés et ceux de la recherche en France condamnent unanimement ces pratiques, de même que les laboratoires dont le Gircor se fait l’écho.

Preuves de provenance

“Quant à exporter un primate vers un établissement français, il faut simplement prouver que lui et ses parents ont été élevés en cage. Encore faudrait-il que cela puisse être attesté – au lieu de ne reposer que sur les affirmations des vendeurs.”

L’importation de primates non-humains en France est réglementée et très contrôlée. L’Arrêté du 19 juillet 2002 fixe les conditions sanitaires pour l’importation et le transit. A l’heure actuelle, pour s’assurer de la provenance et du statut des animaux, les éleveurs sont tenus de fournir les documents suivants : permis CITES, permis export, certificats sanitaires vétérinaires et dossier historique individuel de chaque singe.

Les éleveurs sont enregistrés auprès des autorités mauriciennes qui déploient des audits physiques et administratifs réguliers. Les éleveurs sont tenus de fournir un recensement régulier de leur population à l’individu près afin que les autorités puissent vérifier et garantir l’origine des singes exportés.

La captivité, un facteur de risque

“Et ce n’est pas fini. Alors que les primates libres souffrent rarement de maladies infectieuses graves, les facteurs de risque sont multipliés en captivité.”

Les primates en général et à travers le monde peuvent en effet être porteurs de la tuberculose. Les singes sauvages n’étant pas testés, la vraie prévalence de la maladie reste souvent incertaine et son contrôle impossible. En revanche, en captivité, les étapes de quarantaine avant la mise en contact d’individus et les tests de dépistage réguliers effectués permettent la détection précoce et la mise en place de mesures sanitaires qui en évitent la propagation aux autres individus et à terme permettent l’établissement d’élevages SPF (specific pathogen free) indemnes de tuberculose et autres maladies.

La tuberculose

“C’est ainsi que récemment, des bactéries dangereuses ont été détectées aux États-Unis lors des contrôles sanitaires de singes et guenons en provenance (encore) du Cambodge.

Ce danger très concret explique que les élevages procèdent très régulièrement à des diagnostics qui consistent à injecter de la tuberculine dans la paupière et à observer son gonflement éventuel. D’après un employé de la structure, en cas de résultat positif, Noveprim tue tous les individus de la section concernée.”

Le dépistage régulier de la tuberculose est une obligation légale à Maurice où c’est une maladie à déclaration obligatoire, qui fait l’objet d’une surveillance stricte de la part des autorités sanitaires.
Le test que One Voice a choisi de décrire avec ses mots est le test intra-palpébral (ou de la paupière) qui est un des tests recommandé par l’OIE dépendant de l’OMSA (Organisation mondiale de la santé animale)Ce test tuberculinique classique est effectué sur la paupière pour ne pas avoir à anesthésier l’animal une seconde fois pour observer le résultat (non visible sur les zones avec fourrure).

Comme chez les bovins, humains et bien d’autres espèces, la tuberculose chez le primate est une maladie difficile à détecter, qui demande des tests rigoureux et réguliers afin de garantir le statut sanitaire des colonies.

Conclusion

Affirmer, tromper, mentir, idéaliser et surtout mettre en scène semblent être les leitmotivs de cette nouvelle “enquête” de One Voice qui ne s’appuie finalement sur rien de bien concret, si ce n’est l’émotion.

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