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L’EPFL renforce son offre de formation continue dans trois secteurs

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L'EPFL renforce son offre de formation continue dans trois secteurs

Lorsqu’il échangeait avec les jeunes recrues de son équipe en data science, Martin Kunz, directeur de la technologie chez Pictet (CTO), constatait un «gap». Un écart pas générationnel, mais de connaissances. L’alumni de l’EPFL a alors senti la nécessité d’actualiser ces dernières et d’effectuer un Certificate of Open Studies (COS) en Applied Data Science:machine learning. Un titre académique proposé par l’Extension School de l’EPFL qui couronne un programme d’études en ligne d’environ 450 heures pouvant être réparties sur 18 mois maximum. «L’informatique change très vite, la puissance de calcul a tellement évolué que certains types de réseaux de neurones, impossible à entraîner dans les années 90 sont monnaie courante désormais. Cette formation m’a fait prendre conscience du risque de s’endormir sur ses lauriers», remarque l’ingénieur.

Dans une position confortable, il n’est pas forcément évident de remettre en question ses connaissances et de les actualiser. Et pourtant, la rapidité des changements technologiques, sociétaux et économiques, implique un apprentissage tout au long de la vie. «Les nouvelles technologies modifient la manière dont nous vivons et nous apprenons, les emplois se transforment de manière radicale, les entreprises ont de la peine à trouver du personnel qualifié. La formation continue est plus que jamais essentielle», relève Rigas Hadzilacos, responsable de l’Extension School, qui chapeaute la formation continue proposée par l’EPFL au sein de la fondation Formation Continue UNIL-EPFL (FCUE).

En pleine mue, l’Extension School a décidé d’étoffer son offre dans trois domaines clé: la numérisation et le design technologique, la transformation industrielle et la santé, la durabilité et la transition écologique. Trois secteurs dans lesquelles l’expertise de l’EPFL est largement reconnue, et qui correspondent aux besoins exprimés par la soixantaine d’entreprises sondées par l’Ecole. «En tant qu’Ecole Polytechnique fédérale, c’est notre devoir de répondre aux besoins de la société et de l’économie suisse, et notre rôle de fournir aux professionnels et aux décideurs des connaissances et compétences de niveau international», remarque Annalisa Buffa, vice-présidente associée pour l’éducation postgrade à l’EPFL.

Les nouvelles technologies modifient la manière dont nous vivons et nous apprenons, les emplois se transforment de manière radicale, les entreprises ont de la peine à trouver du personnel qualifié. La formation continue est plus que jamais essentielle.

Rigas Hadzilacos © Alain Herzog 2024 EPFL

D’ici le printemps 2024, cinq nouveaux cours de quelques jours seront proposés sur des thématiques telles que la cybersécurité et la confiance numérique, l’innovation à l’aide de la data science, outils numériques pour la construction en bois, la gestion des nouvelles technologies ou les processus d’impression 3D. Quatre programmes de formation sur une plus longue durée verront aussi le jour. Un COS sur la gestion et la planification de la ville africaine, un Certificate of Advanced Studies (CAS) sur la gestion des enjeux de la ville durable et deux Master of Advanced Studies (MAS). L’un sur le management de chaînes de valeur durables et résilientes, l’autre sur l’ingénierie des systèmes énergétiques durables, proposé en collaboration avec la HES-SO Valais.

Combler le manque de compétences

«De nombreux professionnels qui ont obtenu leur diplôme il y a seulement dix ans doivent suivre un nouveau cycle d’apprentissage pour mettre à jour leurs compétences, souligne Annalisa Buffa. C’est particulièrement le cas des ingénieur·es et architectes, étant donné le virage vers l’économie verte, qui nécessite une compréhension approfondie des nouveaux outils, processus et méthodologies.»

La volonté d’évoluer est là, mais il manque des personnes formées sur les dernières solutions technologiques, et capables de les mettre en œuvre intelligemment. Des personnes qui prennent des décisions éclairées par leur connaissance du terrain. On ne peut plus se permettre des mauvaises décisions basées sur des croyances.

François Maréchal © Alain Herzog 2024 EPFL

François Maréchal professeur à l’EPFL et coresponsable du nouveau MAS en ingénierie des systèmes énergétiques durables interagit régulièrement avec des actrices et acteurs du secteur industriel, et observe effectivement un réel besoin de compétences pour réaliser la transition énergétique.

« La volonté d’évoluer est là, mais il manque des personnes formées sur les dernières solutions technologiques, et capables de les mettre en œuvre intelligemment. Des personnes qui prennent des décisions éclairées par leur connaissance du terrain. On ne peut plus se permettre des mauvaises décisions basées sur des croyances.» S’échelonnant sur deux ans avec quatre modules de cours, le MAS favorisera une approche systémique et chaque participante et participant devra réaliser un projet.

Vers des microcertifications

L’EPFL espère former de nombreuses personnes avec ces programmes donnés par des experts reconnus mondialement pour leur recherche. Même si les formations de longue durée impliquent un engagement important. «C’était difficile et le projet personnel était chronophage, relève Martin Kunz au sujet de son COS en Applied Data Science:machine learning. Il y a eu plusieurs abandons en cours de route. Avec un programme d’études en ligne, il faut être discipliné et motivé pour suivre le rythme.»

Pour s’imposer comme leader en matière de formation continue, l’EPFL ne peut pas faire cavalier seul. Nous devons entretenir des partenariats stratégiques avec d’autres institutions académiques et avec les associations nationales et internationales actives dans ce domaine. La collaboration avec l’Université de Lausanne via la fondation Formation continue UNIL-EPFL est un bon exemple.

Annalisa Buffa © Mina De Nuccio 2024 EPFL

Pour les personnes qui n’ont pas la possibilité ou l’envie de s’impliquer dans une formation longue durée, les hautes écoles discutent la question des microcertifications. Soit «l’attestation de connaissances et de compétences acquises à l’issue d’une unité d’apprentissage de courte durée», comme le définit le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). «Nous pourrions imaginer une sorte de passeport de compétences, avec des formations de courte durée, sanctionnées par un examen, et qui pourraient être cumulées pour donner lieu à un diplôme. Cela serait intéressant pour de nombreux apprenants et apprenantes qui n’ont pas le temps de s’engager dans un long programme», explique Rigas Hadzilacos. Les microcertifications existent déjà, mais il n’y a pas encore de consensus autour de leur définition et de ce que cela implique, par exemple en termes d’acquisition de compétences et de crédits ECTS. Ceci est actuellement débattu au niveau Suisse mais aussi européen.

«Pour s’imposer comme leader en matière de formation continue, l’EPFL ne peut pas faire cavalier seul. Nous devons entretenir des partenariats stratégiques avec d’autres institutions académiques et avec les associations nationales et internationales actives dans ce domaine. La collaboration avec l’Université de Lausanne via la FCUE est un bon exemple. En travaillant ensemble dans cet écosystème, nous pouvons apprendre les unes et les uns des autres, créer des synergies, des économies d’échelle et ainsi maximiser notre impact positif », conclut Annalisa Buffa.

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