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Sur la piste de l’explorateur grec Pythéas, insaisissable savant de Marseille

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Sur la piste de l’explorateur grec Pythéas, insaisissable savant de Marseille

« Pythéas était un savant grec de l’antique Marseille, auteur d’un traité astronomique et géographique apparemment composé à l’issue d’un voyage au nord-ouest de l’Europe. Voilà ce qu’on peut affirmer à partir des rares fragments de son œuvre parvenus jusqu’à nous. Le reste demeure matière à interrogations, à spéculations, à débats. » Le livre que l’écrivain-journaliste François Herbaux consacre à l’astronome massaliote commence par ces trois phrases… et il aurait parfaitement pu s’arrêter là tant le personnage de Pythéas est cerné de brouillards et de brumes dignes de ceux qui estompent les paysages du Grand Nord qu’il est censé avoir explorés.

Les faits avérés à son sujet sont si peu nombreux que l’auteur prend garde de ne pas en laisser échapper la moindre miette. En effet, aucun exemplaire des écrits de Pythéas n’a survécu et une seule citation directe de ses écrits subsiste, même si plusieurs auteurs antiques tels que Strabon se réfèrent au récit qu’il a laissé de son voyage dans le nord de l’Europe occidentale, entre îles britanniques et Scandinavie, voire dans une zone plus septentrionale encore. Un périple effectué au cours du IVe siècle avant notre ère et qui servit de point d’appui aux penseurs antiques qui tentaient de donner une cohérence, une logique au monde naturel.

Un marais de supputations

L’époque est au débat sur la longueur du jour en fonction de la latitude car les Grecs ont compris que la Terre était ronde et inclinée sur le plan de l’écliptique, ce qui provoque le phénomène des saisons, avec leurs longues journées d’été et leurs non moins longues nuits d’hiver. De ce point de vue, le voyage de Pythéas est d’une portée capitale puisque l’astronome peut attester de l’existence du soleil de minuit, preuve de la sphéricité de notre planète. Il profite de sa présence dans les contrées boréales pour confirmer que l’étoile dite « Polaire » est bien la plus proche du point virtuel qu’est le pôle céleste, point qu’atteindrait l’axe de rotation de la Terre si on le prolongeait vers le ciel. Enfin, Pythéas estimait que les marées étaient liées au mouvement de la Lune.

Mais si Pythéas est passé à la postérité, c’est pour avoir atteint la mystérieuse île de Thulé, sur le cercle Arctique. Et là, François Herbaux l’admet, on pénètre dans un marais de supputations car chacun voit Thulé à sa porte : les Islandais en Islande, les Ecossais en Ecosse, les Suédois et les Norvégiens en Scandinavie, les Danois au Danemark, les Estoniens en Estonie… Tout le monde veut récupérer l’explorateur grec, son voyage et Thulé, y compris les nazis qui imaginaient dans l’île une civilisation germanique disparue… Au fil de ce livre érudit, on s’aperçoit que, comme une pâte à modeler, le personnage de Pythéas subit diverses transformations suivant les idées de ceux qui le manipulent. Même si l’auteur veut le cantonner à l’histoire, c’est vers le mythe que glisse immanquablement le savant de Marseille.

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