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c’est quoi le plan Ecophyto, mis en pause par le gouvernement ?

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c’est quoi le plan Ecophyto, mis en pause par le gouvernement ?

« La réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques constitue une attente citoyenne forte et une nécessité pour préserver notre santé et la biodiversité » est-il écrit sur le site du ministère de l’Agriculture. Pour autant, la pression de la FNSEA a fini par payer. Le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé jeudi 1er février une nouvelle série de mesures pour tenter de calmer la colère des agriculteurs. Parmi elles : la mise en pause du plan Ecophyto, qui vise à réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici à 2030.

Ecophyto mis en pause : « Sur les pesticides, une contre-révolution culturelle est en cours »

Les plans de réduction des pesticides ont été « inefficaces » depuis quinze ans, a expliqué ce vendredi la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot, justifiant cette décision par la volonté de « sortir de l’écologie punitive ». La quatrième mouture du plan devait tracer la voie vers une réduction de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici 2030 (par rapport à 2015-2017) et accélérer la recherche d’alternatives face aux impacts relevés sur la santé, l’environnement et la biodiversité.

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Un objectif trois fois reporté

Lancé après le Grenelle de l’Environnement, en 2008, le premier plan Ecophyto ambitionnait déjà de réduire de moitié en 10 ans l’utilisation des pesticides (herbicides, insecticides, fongicides). Ce plan est un échec : au cours des cinq premières années de son application, la consommation de pesticides augmente. En 2015, l’Etat juge l’échéance de 2018 difficilement atteignable et la reporte donc à 2025.

Presque dix ans plus tard, les objectifs sont encore loin d’être atteints et en février 2023, la Première ministre Elisabeth Borne annonçait un nouveau report et le lancement d’une consultation pour établir un plan à l’horizon 2030. Ce plan devait aboutir « fin janvier, début février », assurait encore le ministère de l’Agriculture à TF1 il y a deux semaines.

Pesticides, sécheresses : menaces sur l’eau potable

Le but d’« Ecophyto 2030 » était de proposer des solutions alternatives à 75 molécules les plus exposées à un risque de retrait du marché dans les prochaines années et représentant 79 % des volumes vendus en France en 2022.

Cheval de bataille de la FNSEA

L’annonce de Gabriel Attal a de quoi redonner le sourire à la Fédération nationale des Syndicats d’Exploitants agricoles (FNSEA), le syndicat majoritaire, qui a fait de la lutte contre ce plan un de ses chevaux de bataille.

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Le syndicat agricole reproche ainsi à la France d’aller plus loin, en termes d’interdiction, que ce que demande Bruxelles. Pour preuve, selon lui : le Parlement a rejeté fin novembre un règlement visant à réduire de moitié les intrants chimiques d’ici à 2030 et que l’UE a renouvelé l’autorisation du glyphosate sur le marché ; quand la France, elle, maintient ses objectifs.

Comment la FNSEA freine le changement de modèle agricole

En février 2023, alors présidente de la FNSEA, Christiane Lambert avait assuré auprès de Franceinfo que « la France autorise 309 substances sur 454 homologuées en Europe ». L’agriculture française serait ainsi selon elle confrontée à « de plus en plus d’interdictions » de molécules de synthèse, ce qui la placerait dans une « concurrence déloyale » et mettrait « en péril » la souveraineté alimentaire.

« Nouvel échec politique, sanitaire et environnemental »

Reste que, depuis jeudi, la consternation domine chez les associations environnementales. « Aujourd’hui la FNSEA a gagné, mais ça ne va rien amener au revenu agricole, pas un centime » et « ça permettra de continuer à faire l’agriculture du siècle précédent en gardant toujours plus de produits dangereux sur le marché et en retardant leur retrait de manière cynique », s’est insurgé auprès de l’AFP le porte-parole de Générations Futures, François Veillerette.

« Il s’agit d’une erreur politique majeure car si la question du revenu agricole est une vraie question pour un certain nombre d’agriculteurs, ce n’est pas en sacrifiant l’environnement et les ressources naturelles qu’on réglera ce problème, bien au contraire », a-t-il continué.

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Agriculture : pourquoi le modèle français est à bout de souffle

Pour le WWF aussi, cette pause est « un signal désastreux ». « La pollution chimique est l’un des principaux facteurs responsables du déclin de la biodiversité animale et végétale, au même niveau que le changement climatique », ajoute Jean Burkard, du WWF France.

« En favorisant les tenants de l’agriculture intensive et agro-industrielle plus que le monde agricole dans sa diversité, le gouvernement annonce aujourd’hui un nouvel échec politique, sanitaire et environnemental. »

Cette « pause » est annoncée alors que l’Etat a jusqu’au 30 juin 2024 pour mieux respecter ses trajectoires de baisse de l’utilisation des pesticides et protéger les eaux, sur ordre de la justice administrative. « Cette annonce est donc aussi un refus de se plier à une décision de justice », a fustigé l’ONG Pollinis, une des cinq associations à l’origine de cette procédure judiciaire, « Justice pour le Vivant ».



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