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Athéna Coustenis, la tête dans les planètes

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Athéna Coustenis, la tête dans les planètes
Athéna Coustenis, dans son bureau, à l’Observatoire de Paris, à Meudon (Hauts-de-Seine), le 1er février 2024.

Ce n’est pas tout de vivre, il faut savoir où la survie est possible. De cet aphorisme, certains pourraient être tentés de tirer une ligne de conduite, voire un principe philosophique. La spécialiste de l’« habitabilité des corps célestes », l’astronome Athéna Coustenis, en a fait une approche scientifique. Cette directrice de recherche CNRS à l’Observatoire de Paris-PSL à Meudon (Hauts-de-Seine), impliquée dans de nombreuses missions spatiales, est une experte internationalement reconnue de Titan, une des lunes de Saturne. Elle deviendra, en octobre 2024, le premier citoyen non américain à accéder à la présidence de la Division for Planetary Sciences de l’American Astronomical Society (AAS), la plus grande et la plus prestigieuse association de planétologie au monde.

Comment se prépare-t-on à une carrière d’astronome en France lorsqu’on est née en Grèce dans une famille de militaires ? « Avant tout, en cultivant son imagination », affirme celle qui consacre son temps libre à l’écriture d’enquêtes policières. A 15 ans, l’adolescente fréquente le planétarium d’Athènes, ne rate aucun épisode de la série télévisée Star Trek et lit. De la science-fiction, des essais pseudo-scientifiques, mais aussi les ouvrages de vulgarisation de l’exobiologiste Carl Sagan, qui, bien des années plus tard, deviendra un ami.

Il s’agirait aussi de « savoir saisir les occasions ». A Ankara, où son père, ancien pilote de l’armée de l’air grecque, est diplomate, la jeune fille est parachutée en classe de 1re au lycée français, sans même connaître la langue. Le bac en poche en 1980, elle projette d’aller étudier l’astronomie à Paris. Ses parents acceptent, à condition que ce cursus se double d’un autre, en littérature anglaise. Ce dernier la conduira à la Sorbonne nouvelle jusqu’à une thèse sur les écrivains du fantastique, qu’elle ne terminera pas…

Changements saisonniers sur Titan

Dans le bureau d’Athéna Coustenis, à l’Observatoire de Paris, à Meudon, le 1er février 2024.

Il est vrai que de fantastique, il en est déjà question à l’Observatoire de Meudon, où se déroulent ses cours de master en astrophysique et techniques spatiales. En 1987, Daniel Gauthier, directeur d’un laboratoire qui deviendra le Lesia (Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique), propose à l’étudiante de l’université Pierre-et-Marie-Curie de réaliser une thèse sur Titan. Ce satellite de Saturne est la seule lune du Système solaire connue pour posséder une atmosphère dense. Et n’a encore été survolé que deux fois, en 1980 et en 1981, par les sondes Voyager-1 et Voyager-2. « Trois cents spectres infrarouges avaient alors été récoltés, que personne n’avait songé à analyser », précise Athéna Coustenis.

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