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Ces papillons de nuit qui battent le tambour pour éloigner les chauves-souris

by admin
Ces papillons de nuit qui battent le tambour pour éloigner les chauves-souris

Soixante millions d’années que cela dure ! Depuis que les chauves-souris insectivores ont acquis la capacité à se repérer par écholocalisation, leurs proies favorites, les papillons de nuit, ont développé des contre-mesures. L’évolution n’a pas ménagé ses efforts d’imagination. Certaines espèces se trouvent dotées d’une exceptionnelle capacité de camouflage. Leurs poils ou leurs écailles absorbent les ultrasons émis par les chauves-souris. Privées d’écho, les prédatrices ne peuvent plus les repérer dans la nuit. D’autres utilisent le brouillage. Dès qu’elles détectent les clics des chiroptères, elles émettent à leur tour des ondes qui perturbent l’analyse de l’assaillante. D’autres encore semblent arborer un leurre, à savoir une longue queue torsadée qui attirerait la chauve-souris… et se détacherait après l’impact.

Le groupe des Yponomeuta et ses quelque mille espèces ont adopté une stratégie radicalement différente. Non pas se cacher, ni tromper l’adversaire, mais se faire voir, ou plutôt entendre. La technique est bien connue chez les papillons diurnes ou encore chez les grenouilles. Elle a même son nom scientifique : l’aposématisme. Une stratégie à deux faces. Côté pile, se montrer détestable, au sens gustatif du terme, soit particulièrement amer ou carrément toxique. Côté face, le faire savoir au prédateur. Arborer des couleurs les plus visibles possibles et voler lentement, histoire d’éviter de se faire croquer par erreur.

Mais la nuit, tous les papillons sont gris. Yponomeuta a donc transféré cette stratégie dans le monde sonore. Pour faire savoir qu’il vaut mieux ne pas approcher une dent, les papillons émettent des clics particulièrement puissants. Dans des études récentes, l’équipe du biologiste Marc Holderied, à l’université de Bristol, a ainsi établi que ces impulsions atteignaient un niveau de décibels équivalent à celui d’une conversation entre humains et qu’elles étaient perçues par l’oreille de la chauve-souris à une distance de 7 mètres. Le mammifère volant, du reste, ne s’y trompe pas, et évite effectivement le cliqueur à l’heure du dîner.

Des clics en continu

Comme si ce tableau manquait de richesse, Yponomeuta présente une autre particularité, celle d’être sourd. Les clics ne peuvent donc servir de moyen de communication entre individus. C’est bien à destination des chauves-souris qu’ils sont émis. Pour la même raison, le papillon de nuit ne peut réserver sa contre-mesure aux moments d’approche de la prédatrice… puisqu’il ne l’entend pas. Si bien qu’il clique en continu.

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