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Le tabac affaiblit la réponse immunitaire, même dix ou quinze ans après son arrêt

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Le tabac affaiblit la réponse immunitaire, même dix ou quinze ans après son arrêt

Le tabac affaiblit les défenses immunitaires : le fait est largement établi. Chez les fumeurs, les deux composantes de la réponse immunitaire sont affectées : la réponse « innée », qui monte au front très rapidement face à un envahisseur (microbe, toxine…)  ; et la réponse « adaptative », plus lente à intervenir, mais plus puissante et mieux ciblée, qui recrute des troupes cellulaires d’élite, entraînées à éliminer un ennemi déjà rencontré. Dans les poumons des fumeurs, plusieurs types de cellules immunitaires sont lésés, comme les macrophages alvéolaires, ce qui aggrave l’inflammation des voies aériennes, ou les lymphocytes T cytotoxiques, ce qui favorise la destruction de la paroi des alvéoles pulmonaires.

Mais chez les anciens fumeurs ? Même plusieurs années après l’arrêt du tabac, leurs réponses immunitaires adaptatives restent altérées, révèle une équipe de l’Institut Pasteur dans la revue Nature, jeudi 15 février.

Les auteurs ont analysé les données de 1 000 personnes en bonne santé, âgées de 20 à 70 ans (une moitié d’hommes, une moitié de femmes) : la cohorte du projet « Milieu intérieur », mise en place en 2011. « Notre but était de mieux comprendre la variabilité de la réponse immunitaire chez des individus en bonne santé, selon les modes de vie ou les caractéristiques socio-démographiques », explique Violaine Saint-André, bio-informaticienne à l’Institut Pasteur, première autrice de l’étude. Une cartographie de référence, en somme, pour mieux appréhender les situations pathologiques.

Un dérèglement persistant

Les participants ont répondu à un questionnaire sur leurs modes de vie. En parallèle, leurs réponses immunitaires ont été décortiquées à partir d’échantillons de leur sang, qui renferme des cellules immunitaires. Les auteurs ont exposé ces échantillons à une grande variété de microbes (virus de la grippe, bactérie E. coli, champignon C. albicans…) ou de molécules connues pour stimuler les réponses immunitaires innées ou adaptatives. Puis ils ont quantifié les niveaux de treize « cytokines », des protéines libérées par les cellules immunitaires lors de leur rencontre avec un agent pathogène et qui jouent un rôle-clé dans la coordination de la réponse immunitaire.

Les auteurs ont recherché les variables qui avaient le plus d’impact sur les réponses immunitaires, parmi les 136 retenues (indice de masse corporelle, tabagisme, heures de sommeil, activité physique, maladies infantiles, vaccinations…). Et ce, d’une façon indépendante de l’âge ou du sexe, connus pour influer sur l’immunité.

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