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ce qu’il faut retenir du rapport de la Cour des comptes qui épingle le retard de l’Etat

by admin
ce qu’il faut retenir du rapport de la Cour des comptes qui épingle le retard de l’Etat

Pour la Cour des comptes, le constat est sévère : l’Etat n’en fait pas assez. Dans un document de plus de 700 pages publié ce mardi 12 mars, l’institution de la rue Cambon étrille le gouvernement pour sa gestion des finances publiques. Si, devant la presse, Pierre Moscovici, premier président de la juridiction financière, a critiqué un scénario initial « improbable » pour 2024 et une trajectoire « peu ambitieuse et fragile » sur le déficit public, c’est surtout dans le domaine climatique que les efforts pêchent.

La Cour se félicite dans son rapport de la « prise de conscience » de l’urgence climatique mais souligne « la nécessité que l’action publique en faveur de l’adaptation soit transparente, cohérente et efficiente ». « Nous constatons un kaléidoscope de réponses, de plus ou moins grande qualité », a indiqué Pierre Moscovici aux « Echos ».

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Mais pour les auteurs, ces réponses « ne sont pas articulées car l’Etat ne joue pas correctement son rôle de stratège, qui consiste notamment à fixer des objectifs et à définir une trajectoire pour les atteindre. » Voici cinq points à retenir du rapport.

• Trop forte vulnérabilité aux vagues de chaleur

Les experts sont formels : l’augmentation de la température annuelle moyenne s’accompagne de celle de la fréquence et de l’intensité des canicules et vagues de chaleur. Selon Météo France, alors que la France connaissait en moyenne 1,7 jour de vagues de chaleur par an avant 1989, elle en a subi 7,95 jours par an depuis 2000 et 9,4 sur la dernière décennie.

Or, malgré la mise en place de politiques après la canicule de 2003, « le nombre de décès enregistrés pendant les vagues de chaleur, notamment en 2020 et 2022 (respectivement près de 2 000 et 2 800 décès en excès), montre que le risque sanitaire est toujours insuffisamment maîtrisé », estime la Cour des comptes.

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Pour y remédier, l’instance préconise de « conduire les travaux nécessaires à une meilleure connaissance des conséquences des vagues de chaleur sur la santé des personnes vulnérables », de « se doter des moyens de mieux connaître la situation sanitaire des personnes sans domicile fixe », d’élaborer une « liste des médicaments d’intérêt en cas de vague de chaleur » à « diffuser systématiquement aux professionnels de santé », et de « réaliser un inventaire du parc immobilier des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux pour évaluer son adaptation aux vagues de chaleur ».

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• Des logements trop peu protégés

Selon une étude de l’Insee, 80 % de la population vit dans un territoire qui devrait, dans les trente prochaines années, être exposé à 16, voire jusqu’à 29 journées anormalement chaudes lors des mois de juin, juillet et août. D’où la nécessaire « adaptation des logements au changement climatique ».

Pour les magistrats de la Cour des comptes, MaPrimeRenov’ « ne répond que partiellement au risque de pics de chaleur », puisque seuls les départements d’outre-mer peuvent être éligibles au dispositif pour financer des travaux de protection contre la chaleur. L’instance propose de « confirmer l’intégration des procédés de protection solaire aux périmètres des travaux éligibles aux dispositifs de soutien à la rénovation énergétique des logements », et d’inclure la prévention des risques d’inondation.

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Le rapport recommande également d’accélérer les expérimentations relatives à la prévention des sinistres causés par les inondations et par « l’accélération du phénomène de retrait et de gonflement des sols argileux » suite à une alternance de périodes de pluie et de sécheresse. Alors que plus de la moitié des maisons individuelles sont situées dans des « zones moyennement ou fortement exposées » à ce risque, elle invite à « sensibiliser régulièrement le grand public » sur les conséquences du changement climatique sur les habitations.

• Une lutte contre les îlots de chaleur insuffisante

Outre l’adaptation des logements, la Cour des comptes préconise de transformer les espaces urbains, afin d’éviter les îlots de chaleur. Le rapport souligne ainsi que Paris « est la capitale européenne la plus exposée en cas de canicule ». « Alors qu’elles sont obligatoires depuis une dizaine d’années, les intercommunalités urbaines n’ont adopté que tardivement des stratégies d’adaptation », déplorent les auteurs.

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Ces derniers saluent cependant les mesures prises en faveur de la végétalisation des villes. Cette « solution émergente » doit « s’inscrire dans une trajectoire plus large » de coordination entre les différents acteurs. Elle souligne par ailleurs le coût modéré d’une telle mesure : « Un accroissement de 10 % de l’étendue du couvert arboré de la surface des villes d’ici 2050 représenterait un effort d’investissement de 360 millions d’euros par an entre 2025 et 2035. »

• Manque d’anticipation de l’évolution des côtes

Alors que le littoral français est en pleine évolution, du fait du réchauffement climatique, « la connaissance de l’érosion côtière est encore imparfaite mais déjà préoccupante », souligne la Cour des comptes, qui estime que les conséquences de cette érosion sont « insuffisamment anticipées ». En témoigne le fait que les activités et les biens affectés d’ici 2050 par le déplacement du trait de côte sont encore mal identifiés.

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L’impréparation est telle que « de nombreux territoires fortement affectés par l’érosion côtière ne sont toujours pas couverts par un plan de prévention des risques littoraux » et que, par conséquent, « l’urbanisation peut s’y poursuivre dans des zones menacées ». La Cour a recensé 23 villes concernées, dont Berck (Pas-de-Calais), Ploemeur (Morbihan), Fos-sur-Mer et Le Grau-du-Roi (Bouches-du-Rhône), Saint-Tropez (Var), Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) ou encore Propriano (Corse-du-Sud). Pour l’instance, seule la région Nouvelle-Aquitaine se distingue des autres « par une couverture large et homogène en plans d’actions locaux ».

Les auteurs indiquent enfin que l’estimation des impacts économiques de ce phénomène reste « très parcellaire » et doit être améliorée : « Les enjeux correspondants se chiffrent en dizaine de milliards d’euros. »

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• Un réseau ferroviaire trop vulnérable

En ce qui concerne les transports, la Cour estime qu’il est nécessaire « d’identifier et de mesurer les coûts d’adaptation » du réseau ferroviaire et des gares, aujourd’hui vulnérables « aux événements météorologiques ». Le rapport pointe la « vétusté » des voies, qui risquent de se déformer lors des épisodes de fortes chaleurs, ou de se rompre pendant les périodes de grand froid.

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Selon l’instance, en 2022, les aléas météorologiques « ont généré 19 % des minutes de retard imputables à SNCF Réseau ». « Ces perturbations pourraient être multipliées a minima par 2,2 voire 2,4 à l’horizon 2050 et par 8, voire 11 à l’horizon 2100 », met en garde la Cour des comptes. Dans ce contexte, la Cour préconise d’intégrer les prévisions climatiques « dans les normes et référentiels nationaux de conception des composantes du réseau ferroviaire et des gares ».



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