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Au Musée du Quai Branly, à Paris, la cosmovision fascinante des Mexicas

by admin
Au Musée du Quai Branly, à Paris, la cosmovision fascinante des Mexicas

Ne les appelez plus « Aztèques » mais « Mexicas ». Tout comme on ne dit plus « Esquimaux » mais « Inuits », tout comme on ne dit plus « Jivaros » pour désigner les Shuar. Car c’est bien de l’Empire mexica que se sont emparés, en 1521, les Espagnols emmenés par Hernan Cortes. Lequel donnera d’ailleurs le nom Mexico à la ville qu’il fondera sur le site de l’ancienne capitale, Tenochtitlan.

Ce nom de « Mexicas » figure bien dans les textes et codex de l’époque, mais, par une facétie de l’histoire, un renversement s’est produit au XIXe siècle, lorsque l’explorateur et naturaliste allemand Alexander von Humboldt a introduit le terme « aztèques », en référence à la ville mythique d’Aztlan, dont ce peuple était censé être originaire. Une invention couronnée de succès.

Même si l’appellation originelle a fait son retour au Mexique depuis quelques décennies, la bataille est encore rude pour l’imposer au reste du monde, et il faut signaler le risque que prend le Musée du quai Branly-Jacques-Chirac en choisissant un mot inconnu comme titre de sa nouvelle exposition, en lieu et place du confortable, célèbre et évocateur « Aztèques ». « C’est la première fois qu’un musée accepte de faire une grande exposition sur cette civilisation avec le changement de nom », souligne Steve Bourget, responsable des collections Amériques au musée, avec Fabienne de Pierrebourg, tous deux étant commissaires scientifiques de l’exposition.

On parle donc des Mexicas au Quai Branly, non pas pour un événement grand angle embrassant dans sa globalité cet empire qui domina la région deux siècles durant, mais pour un zoom fascinant et très documenté sur ce que les spécialistes appellent sa « cosmovision ». C’est-à-dire la représentation que la civilisation mexica se faisait du monde et des forces qui l’animent, par le biais de sa mythologie, son panthéon et ses pratiques religieuses. Le tout s’appuie sur des centaines d’objets, dont les trois quarts sortent pour la première fois du Mexique et en particulier des fouilles qui, depuis 1978, ont lieu à Mexico au Templo Mayor.

Perpétuelle dualité

Pour saisir l’importance de ce site archéologique, transportons-nous un demi-millénaire en arrière, dans la ville alors nommée Tenochtitlan, que Cortes et ses hommes « découvrent ». A l’origine, les Mexicas sont des migrants venus du nord du Mexique. « Ils s’établissent dans une des îles d’une zone marécageuse, qui deviendra Tenochtitlan et s’agrandira jusqu’à compter plus de 200 000 habitants, soit une des plus grandes villes du monde à l’époque, raconte Steve Bourget. Ils créent des zones agricoles, et ils vont graduellement s’étendre dans la Mésoamérique, se mesurer aux groupes déjà en place et les soumettre par la conquête militaire. »

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