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Comment les cafés Belco se préparent au réchauffement climatique

by admin
Comment les cafés Belco se préparent au réchauffement climatique

Plantation de café dans la région de Alta Mogiana, au Brésil. BELCO

Décryptage  Transport à la voile, agroécologie… L’importateur de cafés haut de gamme destinés aux torréfacteurs a décidé de construire la résilience de son activité, menacée par le réchauffement climatique.

Une vingtaine de jours après avoir quitté le port de Santa Marta, en Colombie, le bien nommé « Anemos » (« vent » en grec) devrait entrer dans le port du Havre en septembre prochain, ses cales chargées de 1 000 tonnes de marchandises, principalement du café. L’immense voilier-cargo, 81 m de long, deux mâts en fibre de carbone, 2 200 m2 de toile par petit temps, est le premier des huit navires construits par la jeune compagnie maritime Towt (lire encadré), qui entend proposer une alternative propre aux porte-conteneurs qui sillonnent l’Atlantique propulsés au fuel lourd. L’« Anemos », lui, n’utilisera son moteur que pour entrer et sortir des ports. Le vent fera le reste.

« Grâce à la propulsion vélique, nous allons diviser par 10 les émissions de CO2 par kilo de café importé, supprimer celles de particules fines, ainsi que le bruit, qui perturbe les comportements des cétacés. Et les quelques jours de plus passés en mer seront rattrapés par une logistique bien plus simple au port. » C’est ce qu’explique Louis Mayaud, en charge du transport décarbonée chez Belco, un importateur de « café de spécialité » (de qualité supérieure).

L’entreprise, installée à la Teste-de-Buch, près de Bordeaux, qui fournit quelque 1 500 clients (torréfacteurs, coffee shops…) en Europe, prévoit d’acheminer en 2024, à la voile depuis la Colombie et le Brésil vers l’Europe, un tiers des volumes de café et de cacao qu’elle commercialise. A raison de deux traversées. Et en 2027, « nous devrions atteindre 85 % des approvisionnements à la voile », détaille le jeune homme, 34 ans, également coureur océanique.

Traçabilité et qualité sensorielle

Le transport à la voile est à coup sûr la plus audacieuse des trouvailles du patron de Belco, Alexandre Bellangé, 42 ans. Celui-ci a repris l’entreprise avec son père en 2007, avec la ferme intention de la faire résister au XXIe siècle, alors que le climat promet de mettre à l’épreuve son commerce et ses fournisseurs. Pour y arriver, il ne manque pas d’idées. « Au départ, Belco était un grossiste comme les autres. On vendait des cafés sur catalogue. Nos clients se contentaient de choisir sur la taille des grains, le nombre de défauts… Je ne me voyais pas continuer comme ça », raconte l’entrepreneur.

L’« Anemos », voilier-cargo, 81 m de long, a été pensé comme une alternative propre aux porte-conteneurs.

L’« Anemos », voilier-cargo, 81 m de long, a été pensé comme une alternative propre aux porte-conteneurs. ANNE BEAUGÉ

Louis Mayaud, Guillaume Le Grand et Alexandre Bellangé, devant l’« Anemos ».

Louis Mayaud, Guillaume Le Grand et Alexandre Bellangé, devant l’« Anemos ». ANNE BEAUGÉ

Il décide alors de remiser ses catalogues et de s’intéresser aux producteurs, pour proposer à ses clients des cafés « meilleurs, avec des histoires à raconter ». Ce qui exige, comprend-il rapidement, « d’être sur place 360 jours par an ». Une première équipe s’installe en Ethiopie, avec mission d’acheter, mais aussi de former les producteurs pour améliorer la qualité. D’autres agences suivent. « Ce qui me préoccupait, c’était la traçabilité et la qualité sensorielle », précise Alexandre Bellangé.

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